Revalo et équipement : le compte n’y est donc pas

mercredi 18 novembre 2020
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Lors d’une réunion, le 16 novembre, Jean-Michel Blanquer a annoncé le scénario retenu pour le périmètre des 400 M€ consacrés à la revalorisation des personnels de l’Éducation nationale inscrits dans la loi de finance 2021. L’enveloppe prévue est largement insuffisante, tandis que les annonces écartent les AESH et 69% des enseignant-es de toute amélioration salariale et n’envisagent aucune révision des grilles indiciaires ni de mesure de rattrapage des pertes de pouvoir d’achat. La prime d’équipement est un premier pas mais maintenant il faut obtenir une loi de programmation pluriannuelle permettant de répondre enfin au déclassement salarial des enseignant·es.

La prime d’équipement

La prime d’équipement informatique de 150€ net sera versée dès le 1er trimestre 2021 pour les seuls enseignants et enseignantes devant élèves. Reposant sur une enveloppe de 178 millions d’euros, la prime sera versée annuellement.

La période Covid aura permis de mettre en lumière le fait que les PE doivent utiliser leur matériel personnel pour préparer leur classe, enseigner à distance et qu’il existe très peu d’ENT dans le premier degré. Cette prime, certes insuffisante, en constitue une première reconnaissance. De plus, les besoins en termes d’équipement professionnel des enseignant·es et des AESH ne sont pas seulement à l’équipement informatique. Connexion internet, maintenance, consommables, manuels, livres et autres matériels pédagogiques sont depuis toujours bien souvent acquis sur les deniers propres des personnels.

Pour le SNUipp-FSU, qui porte cette revendication depuis de nombreuses années, l’allocation doit être bien plus conséquente : 500 € par an, afin de couvrir l’ensemble des engagements matériels liés à l’activité d’enseignement.
Il exige son versement à tous les personnels des écoles, la notion d’enseignant·es devant élèves risquant de donner lieu à de nombreuses restrictions dans l’attribution de cette prime.

Revalorisation des personnels enseignants

Le ministère a choisi de limiter la revalorisation aux seuls premiers échelons qui concernera 31% des enseignants et des enseignantes qui sont dans leurs quinze premières années de carrière.. Elle prendra la forme d’une prime pour renforcer l’attractivité du métier en début de carrière sans revoir la grille indiciaire.

Dégressive, elle sera mise en œuvre à partir de mai 2021 et proratisée en fonction de la quotité de travail.

Du 2ème au 7ème échelon, de 100€ à 35€ mensuels nets :

Concrètement, un enseignant titulaire au 2e échelon touchera 100 euros nets en plus par mois qu’actuellement (soit 1 197 euros nets annuels supplémentaires). Un enseignant titulaire au 7e échelon, touchera lui 35 euros nets mensuels en plus (427 euros par an). Les professeurs des écoles, les certifiés et agrégés toucheront les mêmes primes, indifféremment.

Pour les personnels contractuels (enseignant·es, psy-EN) une revalorisation forfaitaire est prévue, là aussi par paliers dégressifs : un enseignant contractuel en début de carrière (1er palier) touchera 54 nets de plus par mois quand un contractuel de milieu de carrière (7e palier) percevra 27 euros de plus par mois.

Mesures catégorielles et accès à la hors classe

Pour la direction d’école est prévue une enveloppe de 21 millions, ce qui correspond au volume financier similaire à celui engagé pour la prime de 450€, versée cette automne. Pour l’heure rien n’est précisé sur les modalités d’utilisation de cette enveloppe pour l’an prochain, des discussions renvoyées au groupe de travail « direction d’école ».
Enfin 4 millions d’euros sont prévus pour faire passer le taux de promotion à la « hors-classe » de 17% à 18%, soit l’équivalent de 800 promotions annuelles supplémentaires pour le premier degré.

Ces propositions sont bien loin des attentes et ne constituent pas une véritable revalorisation.

Deux ans après avoir lancé un pseudo « observatoire de la rémunération des enseignant·es », les annonces de la rue de Grenelle ne peuvent que décevoir.
Rattraper le retard de rémunération des enseignants par rapport à leurs homologues européens nécessiterait une revalorisation des grilles indiciaires de 150 points, soit 700 € par mois en début de carrière et dégressive jusqu’à 100 points, soit 470 € en fin de carrière. Sans oublier un doublement de l’ISAE, indemnité à étendre à tous les PE, et une allocation d’équipement de 500€.


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